Essais de performance de la méthode de mesure des substances organofluorées adsorbables (AOF)
Dans les contextes sanitaires et environnementaux, la surveillance règlementaire des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) se renforce de façon rapide aux échelles européenne et nationale. Ces composés chimiques, largement utilisés dans de nombreuses applications industrielles et domestiques en raison notamment de leurs propriétés hydrophobes, sont aujourd’hui reconnus pour leur persistance, leur bioaccumulation et leur potentiel de toxicité.
En raison du très grand nombre de substances concernées, la surveillance des PFAS nécessite de développer des méthodes qui permettent de couvrir une large gamme de substances, au-delà des listes finies des textes règlementaires. La méthode dite AOF (Adsorbable Organic Fluoride) permet une mesure de la concentration en fluor organique adsorbable sur charbon actif. Elle n’est pas spécifique de la famille PFAS mais elle prend en compte une grande partie des substances de cette famille. Elle est en cours de normalisation au niveau international.
Ce rapport présente une série d’essais destinés à mieux évaluer la robustesse de la méthode vis-à-vis de différents interférents potentiels ainsi qu’à mieux connaitre ses performances sur les composés PFAS à chaine courte ou ultracourte dont le TFA (acide trifluoroacétique).
Les principaux interférents qui ont été étudiés sont les fluorures, les chlorures et le carbone organique dissous. Compte tenu des résultats des essais et des concentrations évaluées des interférents, ces interférences ne semblent pas impacter la fiabilité des résultats à des concentrations d’interférents classiquement rencontrées. Il importe cependant que ces teneurs d’interférents soient maitrisées ou connues et que les tests de contrôle qualité de la norme soient appliqués (capacité d’adsorption du charbon actif) notamment en contexte d’analyses d’eaux résiduaires.
Enfin, les substances les plus polaires de la famille des PFAS (PFAS en C2, C3) sont partiellement ou peu prises en compte par la méthode AOF (10% pour le TFA à titre d’exemple).
Deux « interférences » non évaluées dans ce rapport concernent d’une part, la sous-estimation potentielle des résultats en raison de pertes de fluor organique par adsorption sur les parois des flacons de prélèvement et, d’autre part, les surestimations liées à l’impact du fluor inorganique particulaire, notamment dans le contexte de rejets. Ce fluor inorganique pourrait biaiser les résultats de façon forte pour certains échantillons. L’intensité de cette interférence est pour l’instant peu documentée, mais une action Aquaref est en cours sur ce sujet. En fonction des résultats de cette action, la question de limiter la mesure AOF à la fraction dissoute pourrait se poser rapidement. Elle renverrait à une autre difficulté : celle de mesurer un indicateur de type AOF sur les matières en suspension et de façon générale sur les matrices solides (sols, sédiments, boues).