Impact des opérations de prélèvements sur la variabilité des résultats d'analyses - Essai national sur site du 26 juin 2007
Avec le soutien des services de l’état commanditaires de prélèvements (Agences de l’eau), les DIREN, la direction de l’eau du Ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement Durables, l’INERIS a organisé un essai sur site le 26 juin 2007, sur un cours d’eau situé dans les Yvelines à Epône (78).
C'était une première action phare pour la connaissance des pratiques de prélèvements d’eaux superficielles dans le cadre du Réseau National de Bassin.
14 préleveurs ont participé à cet essai. Ils ont été sélectionnés par les agences de l’eau.
Le site d’Epône a été choisi, pour sa position géographique centrale, son caractère rural représentatif des stations de mesures rencontrées dans le cadre du RNB et sa capacité à accueillir 40 personnes dans de bonnes conditions de sécurité.
Les paramètres étudiés au cours de l’essai étaient :
- le pH, l’oxygène dissous, la température de l’eau et la conductivité (paramètres mesurés sur site) ;
- les matières en suspension, les nitrites, les orthophosphates, le baryum, le di(éthylhexyl)phtalate, le tétrachloroéthylène et le trichloroéthylène (paramètres analysés au laboratoire).
L’objectif de cet essai était de tester plusieurs protocoles de prélèvements en vue d’estimer la variabilité des opérations de prélèvements par rapport à la variabilité analytique. Ce fut également l’occasion d’observer et d’étudier les méthodologies de prélèvements, de préservation des échantillons selon l’identité du préleveur en vue de faire évoluer les guides de prélèvements nationaux.
Les premiers enseignements issus de cette étude sont que :
- les préleveurs ont fortement apprécié cette opération. C’est un moyen, pour eux, de montrer leur compétence et une occasion unique d’échanger sur le terrain avec leur donneur d’ordre ;
- les mesures sur site ont montré que les instruments de mesure spécifiques au terrain semblent être aussi répétables et justes que ceux utilisés dans les laboratoires d’analyses ;
- il vaut mieux un protocole maîtrisé, c’est à dire régulièrement appliqué sur le terrain qu’un protocole imposé moins maîtrisé. Si un protocole est imposé, une formation au préalable sur site semble indispensable ;
- les observations et l’exploitation statistique des données ont pu mettre en évidence plusieurs points à améliorer comme le type de matériau à privilégier pour le système de prélèvement et le flaconnage, l’influence de la présence de l’oxygène sur certains paramètres ;
- la variabilité liée au prélèvement dépend étroitement du paramètre. Cette variabilité est plus faible pour les paramètres classiques (type anions) que pour les micropolluants. En prenant en considération la variabilité du cours d’eau par tranche horaire, la variabilité absolue estimée oscille entre 5% pour les orthophosphates, les nitrites, le baryum et 40% pour le DEHP dans le cas d’un prélèvement ponctuel.
Ces enseignements, issus du tout premier essai national sur site, seront valorisés dans le cadre des travaux d’AQUAREF en vue d’améliorer à l’avenir les pratiques de prélèvements.
Mots clés : mesure sur site, technique de prélèvement, station de mesure, relevé de terrain, paramètres, variabilité liée au prélèvement, variabilité analytique.