Besoins analytiques sur les métabolites de pesticides : liste des substances issues des dossiers d’homologation et capacités actuelles des laboratoires – phase 2

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Public
Année: 
2016

L’importance à accorder aux « substances émergentes » est entrée dans les nouvelles politiques environnementales au niveau européen ou au niveau national grâce aux travaux de priorisation et aux études prospectifs que l’ONEMA a lancé depuis 2010. C’est dans ce cadre que s’inscrivent les actions AQUAREF – thème F portant sur l’ « Amélioration des connaissances sur les substances émergentes ». Plus spécifiquement cette veille analytique vise à évaluer les capacités existantes et les besoins de développement de méthodes analytiques afin de pouvoir assurer dans l’avenir un suivi des métabolites de pesticides. En effet bien que les métabolites de pesticides soient identifiés au stade de la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, le constat a été fait que certains restent aujourd’hui absents des programmes de surveillance.

Le travail a débuté en 2015 ; il s‘est traduit par la publication du rapport, mené dans le cadre d’AQUAREF, BRGM/RP 65427-FR. Il s’est poursuivi lors de cette phase 2, objet du présent rapport.

Pour permettre une évaluation des capacités analytiques des laboratoires, la première étape du travail consiste en l’établissement d’une liste de métabolites à considérer vis-à-vis des eaux souterraines. En effet, aucune liste de métabolites n’est disponible ni actualisée. Pour établir cette liste, chaque dossier de demande d’autorisation de mise sur le marché des substances actives (produits phytopharmaceutiques) est consulté.

Devant la multitude des substances actives (486 ont une approbation au niveau européen en avril 2016 selon le règlement 1107/2009), il a été nécessaire de hiérarchiser les substances considérées. Le choix a été fait de travailler prioritairement sur les substances ayant les dates limites d’autorisation les plus tardives possibles. Cette phase 2 porte sur 92 substances actives.

L’examen des dossiers a permis de dresser la liste des substances considérées pour leur risque de transfert vers les eaux souterraines. Sur la base de cette liste, plusieurs sources de données sont ensuite croisées pour s’assurer de l’identité du métabolite, l’absence de numéro CAS par exemple étant un frein à leur identification.

Pour chaque métabolite, le code CAS et le code substance du SANDRE ont été recherchés. La cohérence entre les informations des dossiers d’autorisation et de ces codes a été vérifiée. Les divergences ont été répertoriées.

Ensuite, une évaluation des capacités analytiques actuelle des laboratoires a été réalisée. Le site du COFRAC a été consulté pour voir si un ou plusieurs laboratoires possède(nt) une accréditation pour le paramètre considéré. Cette évaluation est complétée par l’examen de la base de données ADES pour voir si ce métabolite a déjà fait l’objet ou non d’une surveillance en eaux souterraines sur le territoire. Lorsque ce métabolite a été recherché, l’examen vise à évaluer les capacités des laboratoires.

Enfin, constatant que de nombreux métabolites ne sont pas analysés, une évaluation des potentialités de développement analytique a été réalisée. Les catalogues des principaux distributeurs d’étalons analytiques ont été consultés. Il s’agit de vérifier que l’étalon analytique existe bien et, ainsi, que le développement d’une méthode est théoriquement envisageable.

Brièvement il peut être retenu que l’évolution constante des demandes d’autorisation, avec parfois des demandes de compléments, ainsi que le délai entre l’évaluation de l’EFSA (European Food Safety Authority) et la conclusion émise par la Commission Européenne rendent difficile l’obtention d’une liste de métabolites à considérer pour la surveillance de l’eau souterraine. La connaissance de leur statut (pertinence ou non) est parfois difficile à obtenir.

Pour le travail réalisé dans cette phase 2, il a été constaté que peu de métabolites ont un code CAS (83 sur 209 métabolites inventoriés) et encore moins un code substance du SANDRE (24).

Pour l’ensemble des 209 métabolites, dix paramètres font l’objet d’une accréditation COFRAC au niveau d’au moins un laboratoire. Sur ces 10 substances, 6 présentent un risque de dépassement de la valeur 0,1µg/L pour au moins un scénario FOCUS, scenario permettant d’estimer le risque de transfert vers les eaux souterraines (THPI, métabolite du captan ; GCA354742, métabolite du diméthachlore ; M01 métabolite du fluopicolide et du dichlobenil ; 479M04 et 479M08, métabolites du métazachlore ; CMBA, métabolite de la sulcotrione)

L’absence constatée d’étalons analytiques pour de nombreuses substances (122 molécules sans étalon analytique sur 209 métabolites considérés ; pour les 71 métabolites montrant un dépassement de la valeur 0,1 µg/L pour au moins un scenario FOCUS seulement 31 étalons analytiques disponibles) s’avère comme un verrou analytique pour de nombreux paramètres qui seraient considérés comme à suivre dans le cadre d’une surveillance nationale.

Auteur(s): 
Bristeau S., Baran N.
Nom de l'institut: 
BRGM
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